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Quels sont les autres usages du suif dans le secteur naval et portuaire ?

Le suif est notamment connu dans le secteur naval pour la lubrification des cales de lancement. Son utilisation ne s’arrête pourtant pas à la mise à l’eau des navires.

Cette matière grasse traditionnelle peut également intervenir dans l’entretien de certains équipements, la protection des pièces en cuir, les anciennes techniques d’étanchéité, la maintenance des lignes d’arbre et différentes opérations d’usinage réalisées en chantier naval.

Ces applications concernent principalement des interventions ponctuelles, des mécanismes simples ou la restauration de bateaux traditionnels. Elles doivent être distinguées des équipements modernes nécessitant des lubrifiants spécialement formulés.

La lubrification de l’accastillage traditionnel

L’accastillage regroupe les équipements installés sur le pont ou utilisés pour les manœuvres d’un bateau : poulies, taquets, chaumards, dames de nage, ferrures, charnières et différents mécanismes.

Le suif peut être appliqué sur certains éléments d’accastillage traditionnel fonctionnant lentement et soumis à des frottements modérés. Son film gras limite le contact direct entre les surfaces et facilite le mouvement de pièces en bois ou en métal.

Il peut notamment être utilisé pour :

  • lubrifier les dames de nage et leurs supports ;

  • faciliter le mouvement de certaines charnières et ferrures ;

  • réduire les frottements sur des glissières ou des pièces coulissantes ;

  • entretenir ponctuellement des poulies et mécanismes traditionnels.

Cet usage ne doit cependant pas être généralisé à l’ensemble des équipements présents sur un bateau. Les winchs, roulements, poulies à billes, câbles métalliques, treuils et appareils de levage nécessitent généralement des lubrifiants adaptés à leurs charges et à leur vitesse de fonctionnement.

La protection et l’imperméabilisation des pièces en cuir

Le cuir est historiquement présent sur de nombreux équipements nautiques. Il peut protéger certaines parties d’un aviron, limiter les frottements entre deux pièces ou servir à fabriquer des sangles, courroies et garnitures.

Le suif permet de nourrir le cuir et de préserver sa souplesse. En formant un film gras à sa surface, il contribue également à limiter la pénétration de l’eau et le dessèchement provoqué par le soleil, le vent et le sel.

Il peut notamment être utilisé sur :

  • les manchons en cuir protégeant les avirons ;

  • les cuirs en contact avec les dames de nage ;

  • certaines garnitures d’accastillage traditionnel ;

  • les cuirs de mâchoires de bôme ou de corne ;

  • certaines sangles, courroies et protections en cuir.

Dans le cas d’un aviron, le suif remplit ainsi deux fonctions. Il protège le cuir contre l’humidité tout en réduisant son frottement contre la dame de nage.

Cet usage concerne principalement les cuirs traditionnels non enduits. Avant toute application, il convient de vérifier la compatibilité du produit avec le cuir concerné. Le suif peut en modifier la couleur ou l’aspect et n’est pas nécessairement adapté aux selleries modernes, aux cuirs traités ou aux matériaux synthétiques.

Le calfatage et l’étanchéité des bateaux traditionnels

Sur une coque en bois construite à franc-bord, des espaces peuvent apparaître entre les planches constituant le bordage. Le calfatage traditionnel consiste à introduire dans ces coutures des fibres végétales, telles que l’étoupe, le chanvre ou le coton, afin d’empêcher les entrées d’eau.

Le suif n’est donc pas, à lui seul, un matériau de calfatage. Les fibres sont d’abord insérées et comprimées entre les bordés, puis recouvertes d’un enduit ou d’un mastic destiné à protéger la couture.

Le suif pouvait néanmoins entrer dans la composition de certains mélanges traditionnels associant notamment des matières grasses, du brai, de la chaux ou d’autres composants. L’objectif était d’obtenir une préparation suffisamment adhérente et souple pour participer à l’étanchéité tout en accompagnant les mouvements du bois.

Du suif chauffé pouvait aussi être versé dans des zones difficilement accessibles afin de repérer et de combler provisoirement une fissure ou une cavité. En refroidissant, la matière se solidifiait dans les espaces rencontrés.

Ces techniques concernent essentiellement la restauration des bateaux anciens et les constructions traditionnelles. Pour une coque moderne ou un bateau restauré selon un protocole précis, les mastics et systèmes d’étanchéité prescrits par le constructeur ou le chantier doivent rester prioritaires.

Les presses-étoupes et les lignes d’arbre

Sur un bateau à propulsion mécanique, l’arbre transmet la rotation du moteur à l’hélice en traversant la coque. Ce passage doit rester étanche tout en permettant à l’arbre de tourner librement.

Les presse-étoupes traditionnels contenaient une tresse comprimée autour de l’arbre. Cette étoupe pouvait être suiffée afin de faciliter la rotation, de réduire les frottements et de participer à l’étanchéité de l’ensemble.

Le suif a également été employé dans certaines parties du moyeu ou du cône de l’hélice. Il pouvait remplir l’espace situé autour de l’écrou et de l’extrémité de l’arbre afin de limiter la pénétration de l’eau salée et de protéger les pièces métalliques contre la corrosion.

Cette surveillance est particulièrement importante sur les bateaux de pêche. Des fils, lignes ou cordages peuvent s’enrouler autour de l’arbre d’hélice, endommager les joints et provoquer une entrée d’eau. Le démontage de l’hélice permet alors de retirer ces éléments et de contrôler l’état de l’arbre, du moyeu et du système d’étanchéité.

Il ne faut toutefois pas en déduire que le suif convient à toutes les lignes d’arbre. Les équipements modernes peuvent imposer une graisse spécifique, une lubrification par eau ou par huile, ou un joint technique incompatible avec les graisses animales. Les instructions du constructeur doivent donc être respectées.

L’usinage et la découpe des métaux en chantier naval

Les activités d’un chantier naval comprennent de nombreuses opérations de fabrication, d’ajustement et de réparation de pièces métalliques. Le suif peut alors servir de lubrifiant pour certains travaux manuels ou réalisés à faible cadence.

Il peut être appliqué sur l’outil ou directement sur la zone travaillée lors :

  • du perçage ;

  • du taraudage et du filetage ;

  • du sciage ;

  • de certaines opérations de découpe ;

  • de l’ajustement de pièces métalliques.

Le film gras réduit les frottements entre l’outil et le métal. Il peut ainsi limiter l’échauffement, réduire l’usure de l’outil et améliorer l’état de surface de la pièce.

Le suif est notamment apprécié pour le travail de l’aluminium, fréquemment utilisé dans la construction et l’équipement des bateaux. Il contribue à limiter l’adhérence de l’aluminium sur l’outil et reste localement sur la zone d’usinage grâce à sa consistance.

Pour des travaux intensifs, des machines à grande vitesse ou des opérations nécessitant un refroidissement important, un fluide de coupe spécialement formulé demeure généralement plus approprié.

Des usages ciblés plutôt qu’un lubrifiant universel

L’accastillage traditionnel, les pièces en cuir, certains travaux d’étanchéité, les anciennes lignes d’arbre et l’usinage illustrent la diversité des emplois maritimes du suif.

Ces usages ont néanmoins un point commun : ils concernent principalement des techniques traditionnelles, des mouvements lents ou des interventions ponctuelles. Le suif ne doit pas être considéré comme une graisse marine universelle.

Avant de l’utiliser, il convient d’identifier précisément les matériaux en contact, les contraintes mécaniques, la température, l’exposition à l’eau et les préconisations du fabricant de l’équipement.

BRD Industry fournit du suif en conditionnement professionnel aux ateliers, chantiers navals et entreprises de maintenance. Pour vérifier son adéquation avec votre application ou obtenir une proposition adaptée au volume recherché, vous pouvez nous communiquer les caractéristiques de votre équipement et ses conditions d’utilisation.